Des réfugiés d’une autre époque, les Irlandais au temps de la grande famine de 1847

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Des émigrants attendent de s’embarquer pour le Canada en 1847. (Voir Encylopédie canadienne en ligne)

On parle beaucoup des réfugiés aujourd’hui. Le Canada avait accueilli en 1847 nombre d’Irlandais qui avaient quitté leur pays à cause de la famine qui y régnait. Un cas a touché particulièrement les premiers missionnaires au Canada-Est d’alors (le Québec). Le texte qui suit est d’une longueur inhabituelle pour un baptême et vient de la paroisse protestante de Sainte-Thérèse-de-Blainville où le pasteur Jaques-Frédéric Doudiet l’a consigné.

Marie, âgée d’environ huit mois, enfant d’un père et d’une mère irlandaise dont les noms sont inconnus et qui sont morts pendant leur émigration d’Irlande au Canada, au printemps de l’année 1847 a été choisie par le soussigné pasteur du milieu d’autres orphelins d’émigrants réunis dans l’une des baraques construites à l’embouchure du canal de Lachine près de Montréal, vendredi deuxième jour du mois de juillet de cette année 1847 aux fins de l’élever avec ses propres enfans [on écrivait sans t à l’époque], et de lui faciliter ainsi son avenir. Ce n’est pas tout, pour lire la suite cliquer ici (Bulletin no. 3, p. 5).

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Des émigrants entassés dans un bateau pour le transport du foin (Source Alloprof.qc.ca)

Les franco-protestants : Vivre et mourir autrement

Que se passait-il au 19e siècle lorsqu’on faisait partie de la minorité francophone évangélique et qu’on ne pouvait pas se faire enterrer en cimetière catholique?
Si on vivait à la campagne, on pouvait toujours se faire enterrer dans un cimetière à côté de l’église protestante qu’on fréquentait. Mais en ville? Plus le nombre de protestants francophones augmentait grâce aux efforts d’évangélisation des diverses confessions, plus il devenait urgent de trouver une solution à ce problème.
Les choses commencèrent à bouger lorsque les deux cimetières les plus importants situé au centre-ville de Montréal, le catholique au square Dominion et le protestant, à l’emplacement actuel du complexe Guy-Favreau ne suffirent plus à la demande.
En 1852, la communauté protestante massivement anglophone fonda le Cimetière Mont-Royal sur la montagne qui était alors quasiment à la campagne. Le cimetière étant ouvert à tout le monde, les évangéliques pouvaient s’y faire enterrer sans problème.

Troubles au cimetière

Par mesure d’hygiène à la suite des épidémies, on préconisa un peu partout la crémation des dépouilles mortelles. Quand le Cimetière Mont-Royal voulut créer son crématorium en 1901, il demanda au Parlement de Québec de modifier sa charte. Les catholiques lui imposèrent de nombreuses restrictions, notamment que ce soit pour les seuls protestants.
Participez à la visite que nous y organisons le 4 juin prochain afin de découvrir comment le Cimetière trouva le moyen de rester ouvert à tous malgré les pressions et pourquoi les catholiques s’opposaient à la crémation et non les protestants. L’entrée est libre. D’autres détails suivront.

Réalisations de la SHPFQ

Signalons quelques-unes des réalisations de la SHPFQ au cours des douze années de son existence. Elle a amassé progressivement des archives ou des documents rares qui lui sont données par des familles protestantes (Therrien, Péron, Grosjean, Vessot).

Elle a réussi à convaincre Bibliothèque et Archives du Québec de microfilmer L’Aurore, le journal franco-protestant qui est paru de 1866 à 1988. Pour sa part, elle a commencé à en produire une version électronique.

Par de nombreux contacts avec d’autres sociétés d’histoire, elle s’est constitué un réseau d’échanges. Elle a préparé un circuit cyclable sur les protestants du Haut-Richelieu. Elle a commencé à publier des histoire de paroisses ou de communautés protestantes (Marieville, Saint-Jean de Saint-Hyacinthe, Belle-Rivière dans les Basses-Laurentides, Pinguet dans la région de Saint-Jean-Port-Joli- Voir Cahiers de la SHPFQ).

Pierre Rannou, du Bureau de direction avant son décès, avait fait le relevé des baptêmes, mariages et sépultures de plusieurs églises et cimetières protestants. C’est le Bulletin de la SHPFQ qui présente quatre fois par an les principales recherches effectuées dans le domaine (on le consulter en ligne – Voir Bulletins).

Elle a posé à Pointe-aux-Trembles une plaque commémorative en collaboration avec l’Atelier d’histoire rappelant que l’Institut évangélique français y était logé de 1846 à 1971. La Société fait partie de la Fédération des sociétés d’histoire du Québec.

Notre Société a préparé la célébration des fêtes du 400e anniversaire de la fondation de la ville de Québec en 2008 en mettant sur pied un Comité approprié en accord avec les assemblées des Églises de la région. Elle a vu à ce que les protestants huguenots ne passent pas inaperçus.

Plusieurs activités de sensibilisation des communautés protestantes et évangéliques ont été réalisées. Entre autres, quatre vingt personnes ont participé aux Journées sur l’histoire du protestantisme franco-québécois, 23-24 mai 2008, dont les présentations sont maintenant parues dans les Cahiers de la SHPFQ (no 1).

La Société d’histoire du protestantisme franco-québécois a apporté son soutien à Marie-Claude Rocher, de l’Institut du patrimoine culturel de l’Université Laval, alors membre de notre Bureau de direction, dans la préparation de l’exposition actuellement en cours au Musée de l’Amérique française (Une présence oubliée : les huguenots en Nouvelle-France).

Marie-Claude Rocher a aussi organisé le Colloque intitulé : La présence des huguenots en Nouvelle-France qui s’est tenu dans le cadre du 133e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques du 2 au 6 juin 2008 à Québec.

Les Amis de la Société ont organisé une Journée à l’occasion du 175ième anniversaire de la venue de madame Feller au Québec.

Treizième assemblée générale de la SHPFQ à Lennoxville

Le samedi 12 septembre dernier, Richard Strout a accueilli chaleureusement notre treizième assemblée annuelle dans les locaux de la bibliothèque de Parole de vie Béthel à Lennoxville.

Alors qu’en matinée s’est déroulée l’assemblée générale, avec son bilan de l’année et la définition de nouvelles orientations, l’après-midi a permis aux personnes présentes d’apprécier la richesse de la bibliothèque et l’exposition de Bibles françaises remontant jusqu’au XVI siècle

Ceci fut suivi d’une conférence de Richard Strout sur l’historique de l’Institut Béthel et des Assemblées de Frères chrétiens ainsi que de News of Quebec

La journée s’est terminée avec la visite de quelques endroits de la région évoqués par le conférencier.