Mémorial-express 2019: en route pour une troisième édition!

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Suite au succès de l’événement l’an dernier, le Mémorial-Express reprendra la route à l’automne 2019. Après avoir suivi en 2018 les traces des pionniers du mouvement évangélique sur la Rive-Sud de Montréal, Jocelyn Archambault et Alain Gendron vous invitent cette fois à revivre les pages oubliées de l’histoire des franco-protestants sur la Rive-Nord de Montréal.

De Pointe-aux-Trembles à Joliette en passant par Sainte-Thérèse, Saint-Eustache et Belle-Rivière, découvrez des lieux marquants de notre histoire.

C’est donc un rendez-vous le samedi 19 octobre prochain, de 9 h 30 à 15 h 30. D’autres détails suivront. 

Réservez votre place au plus tôt car le nombre de places est limité. 

Informations : Alain Gendron
514-655-7608
communications@shpfq.org

Les huguenots et la pêche à la baleine au XVIIe siècle

Le huguenot Pierre Dugua, sieur De Mons, obtient en 1603 une commission pour prendre possession de l’Amérique du Nord entre les 40 et 46 degrés nord, et avoir le monopole de la traite avec les indigènes pendant dix ans. Il s’intéressa à la pêche à la morue, alors pratiquée concomitamment avec la chasse à la baleine, et à la traite des pelleteries avec les Indiens. Son principal collaborateur était Cornelis de Bellois, marchand hollandais installé à Rouen, qui cessa ses fonctions en 1606. Deux marchands protestants de La Rochelle, Jean Macain et Samuel Georges,  son beau-frère, s’associèrent en 1604 pour 18 000 livres, c’est-à-dire pour 1/5e, avec Dugua. Ils s’intéressaient depuis au moins 1599 au commerce des pelleteries du Canada.

Le navire de Jean Macain, le Jonas, fut affrété par la compagnie et confié à un capitaine basque, le 14 avril 1605, pour faire la pêche des baleines et le troc des pelleteries au Canada. Le navire repartit pour le Canada l’année suivante.

Les navires de la compagnie De Pierre Dugua rapportèrent en 1607 du Canada diverses marchandises, parmi lesquelles «mollues, [morues] huiles de mollues, huile et chair de ballaines, castors, loutres, martres».

Le 29 novembre 1608, les associés De Pierre Dugua furent un compte comportant une somme de 618 livres 13 sols et 6 deniers, pour la vente des huiles de baleine, huile de poissons et «barbes» [fanons] de baleine, dont les 2/5e revenaient à Jean Macain et Samuel Georges, marchand à La Rochelle. Le monopole de la traite des fourrures lui ayant été retiré, la Compagnie fut liquidee à la fin de 1608, mais Dugua refit une nouvelle compagnie avec ses associer Collier et Legendre, ce dernier marchand protestant de Rouen.

Le sieur Georges, marchand à La Rochelle renvoya un vaisseau au Canada en 1613. Samuel Georges et Jean Macain envoyèrent aussi au Nouveau Monde leur neveu David Lomeron, également protestant, ne en octobre 1591, près de Chinon, qui collabora avec le colonisateur Charles de Biencourt. Lomeron fonds en 1617 une société comprenant Pierre Georges, habitué des voyages du Canada, et Pierre Garat.

Pierre Dugua, revenu en France, avait été nommé en 1612 gouverneur de Pons, et vivait en partie dans son château d’Ardennes. Il resta actionnaire des compagnies de colonisation au Canada. Il était en 1622 associé de la Compagnie de Montmorency, De même que Cornelis De Bellois. Il mourut en 1628.

Extrait de Les Huguenots et l’Atlantique, pour Dieu, la cause et les affaires, tome 1, Les huguenots et la pêche à la baleine au XVIIe siècle, Jean-Thierry Du Pasquier, Presses De l’Université De Paris-Sorbonne, 2009

Illustration: marins dépeçant une baleine, par Ambroise Paré, Les Oeuvres, Paris, 1598. Marins catholiques et protestants embarquent souvent sur les mêmes navires pour partir chasser la baleine dans le golfe du saint-Laurent ou pêcher la morue sur les bancs de Terre-Neuve. La religion n’a pas d’impact sur la conduite de ces activités, à l’exception de certain «interdits» religieux (dimanche généralement chômé pour les catholiques),peche-baleine